Un peu inquiète mais heureuse

Aurélie alias "Oh really" L'humeur du jour, Le quotidien 4 Comments

“You’re going to be fine” me martèle Simon dès que je commence à m’inquiéter de mon avenir. Ça me rassure un moment et puis parfois, mes appréhensions reviennent.
“Everything is going to be ok” insiste t’il. “Tu ne seras jamais à la rue, ça n’arrivera jamais. La pire chose qui puisse se passer c’est que tu trouves un boulot merdique que tu n’aimes pas. Mais ça sera provisoire, tu es une fille intelligente, tu es charmante et tu seras bilingue, tu trouveras forcément quelque chose” ajoute t’il après lui avoir demandé si je ne devrais pas enchaîner sur un deuxième visa étudiant et suivre le plan initial : faire des études en digital media pour avoir au moins une formation professionnelle qui me serait utile en Australie.
Certes il y a mon avenir professionnel, mais il y a aussi l’endroit où nous devrons habiter. Je rêve d’avoir ma propre maison, mon grand jardin où nous pourrons expérimenter la permaculture. Toutes ces choses qui ont été inenvisageables pendant toutes ces années à Paris et qui sont maintenant à porté de mains.
Tic tac, tic tac, le temps passe, je viens d’avoir 33 ans et il faudra des années avant de profiter pleinement des fruits de nos plantations. Les propriétés coûtent une fortune même à 30 minutes de la plage la plus proche. Ai-je vraiment envie de vivre en colocation pendant les 5 prochaines années ? Même si j’adore l’endroit où j’habite… pas vraiment. Voilà pourquoi dès fois je m’inquiète. Peut-être est-ce la cause de mes crises épisodiques d’eczéma.
Mais le reste du temps, je suis heureuse. Vraiment heureuse. Même si ma famille et mes amis me manquent beaucoup, je n’ai jamais regretté un instant d’avoir quitté Paris et mon travail. La qualité de vie que j’ai ici est inégalable avec celle que j’avais avant. J’ai du temps pour faire des choses et je ne m’ennuie jamais. Même si je suis encore une piètre surfeuse, aller surfer une fois dans la journée suffit à la combler. Je suis dans l’eau et j’ai l’impression d’être dans une bulle. Trop concentrée par les réactions imprévisibles de l’océan je ne peux me permettre d’être préoccupée par les petits soucis de la vie. Parfois je vois des dauphins et je souris, assise sur ma planche, en pensant que ma nouvelle vie est fantastique. Je suis émerveillée par des petits choses : découvrir de ma fenêtre au réveil un couple de frogmouths serrés l’un

Frogmouths

Frogmouths

contre l’autre sur une branche pour se tenir chaud, nourrir les poules et collecter les œufs fraîchement pondus, allumer un feu dans la cheminée et admirer les flammes en appréciant une tasse de thé, aller sur les petits marchés locaux et acheter des produits provenant des fermes environnantes, passer ma pause déjeuner assise sur la plage à contempler la mer, bricoler avec Simon pour l’aider à transformer son bus… La liste est encore longue.
Mais par-dessus tout, j’ai mon adorable australien qui prend soin de moi et me rassure en répétant :

“You’re going to be fine”

Comments 4

  1. Tu me fais rever avec tout ca! 🙂
    1 fois a l’eau par jour… Can’t wait!
    Te poses pas trop de questions and enjoy! :))
    Bisous

    1. Post
      Author
  2. Allons, allons, ne pas trop penser à tout ce que tu pourrais avoir, mais apprécier ce que tu possèdes déjà ! Cela ne fait pas si longtemps que tu es là-bas, alors un peu de patience avant de pouvoir acheter ton lopin de terre.
    C’est sûr qu’à 1/2 heure de la plage, ça peut être encore cher. Il faudra peut-être s’éloigner un peu ou alors, pourquoi pas, prendre une maison en location ? Et puis t’inquiète pas pour les plantations : il y a quand même beaucoup de légumes et fruits qui donnent rapidement dans les jardins, comme les tomates, les radis, les fraises ou les framboises que j’ai régulièrement cultivés sur mon bout de balcon ! C’est sûr que si tu veux faire un verger, ce sera plus long 😉

    “Enjoy everyday life!”
    Cheers!!

    (Quand tu veux pour Skype!)

  3. Si ça peut te rassurer, c’est le lot de tout le monde. Mais malgré les petits soucis du quotidien, une cervicale qui fait des siennes, une maison qui fuit, des incertitudes sur l’avenir… on es heureux. Que ce soit en Normandie ou en Australie c’est pareil, sauf qu’en Australie le climat est plus chaud et que l’océan n’est pas à 10°C au mois de juin… sinon pour les poules c’est pareil. Pour la permaculture, rassures toi ça va aller bien plus vite que tu l’imaginez vu le climat. Seul conseil, faites des réservés d’eau quand il pleut.

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