Seuls au monde

Aurélie alias "Oh really" L'humeur du jour, Le quotidien 2 Comments

10h30 et je suis toujours dans mon lit. Ma tasse de thé sur la table de chevet. Simon à mes côtés en train d'écouter un podcast et Louis, entre nous deux, encore en pyjama, rêvasse entre deux tentatives de sieste. Les jours se suivent et se ressemblent alors pour ne pas oublier quel jour nous sommes, nous faisons de samedi et de dimanche des jours d'oisiveté dignes d'un weekend.
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Simon, Bill et moi n'avons pas attendu les consignes du gouvernement pour nous confiner. Ayant suivi de près ce qui se passait en France, nous avions pris nos précautions. Une semaine plus tard, nous étions tous priés de rester officiellement chez nous. La situation n'est cependant pas autant hors de contrôle qu'en France. A l'heure actuelle, il n'y a eu en Australie que 79 personnes décédées du COVID-19 dont 35 dans l'état de Nouvelle-Galles du Sud où environ 3000 cas auraient été recensés. Les cas dans les alentours sont rares. L'Australie semble assez épargnée. Le taux de personnes testées par habitant (25 millions) y serait très bon. Le pays semble plutôt optimiste pour endiguer l'épidémie sur son territoire. Les gens ont cependant mis un peu de temps à réaliser l'ampleur de la situation. Après les graves incendies qui ont ravagé le pays, les Australiens traumatisés n'étaient pas prêts pour un deuxième scénario catastrophe.

Comme beaucoup, je commence à être fatiguée de cette situation. Je rêve d'aller dans un pub. Même des plus décrépit (je ne suis pas exigeante) pour une bière et un fish n' chips, pour l'ambiance des bars, des gens qui parlent fort et qui boivent, pour le bruit des verres qui s’entrechoquent, l'odeur un peu rance de la moquette imprégnée de bières renversées. Si j'avais su qu'un jour de tels détails me manqueraient...

Mais je relativise. Ma situation pourrait être cent fois pire. Même si nos finances ne sont pas au beau fixe puisque nous avons cessé les Airbnbs, nous avons très peu de dépenses et vivons d'amour (pour notre petit Louis) et d'eau fraîche (la température de l'océan est encore bien agréable pour un mois d'avril) en attendant la fin du chaos.

Je passe ainsi mes journées à m'occuper de notre bébé qui a maintenant presque 6 mois, je fais de l'exercice, du ménage. Je cuisine avec les produits du jardin, je fais du pain avec mon propre levain et un peu de pâtisserie pour se réconforter lors de nos soirées sans vie sociale. Louis va progressivement devenir un petit animal sauvage qui va penser que les seuls humains qui peuplent son monde ne sont que ses parents et occasionnellement son grand-père.

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Nous profitons encore des dernières belles journées d'automne pour aller à la plage. Ces dernières sont tellement vastes que nous ne risquons pas d'être trop proches les uns des autres. Nous sommes encore autorisés à nous y rendre avec comme seul prétexte d'aller y faire du sport. L'amende est de 1000 dollars si l'on ne respecte pas les règles de distance sociale ou si l'on se déplace sans avoir une bonne raison. Le maximum pouvant monter jusqu'à 11 000 dollars. Les Australiens n'ont pas d'autres choix que de prendre la situation au sérieux.

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Ma plus grosse déception dans toute cette histoire, c'est l'annulation de mon voyage pour la France. J'avais réservé mes billets pour cet été. Sans surprise, mon vol a été annulé et la compagnie aérienne me donne un avoir à utiliser avant juillet 2021. A l'heure actuelle, il est encore vraiment difficile de décider quand je vais pouvoir reporter mon voyage. Je me faisais une joie de présenter Louis à ma famille et mes amis et de rencontrer ma petite nièce qui a seulement trois mois de plus que son cousin. S'il faut attendre l'été 2021, cela va me paraître très long...

L'incertitude quant à la date du dénouement de cette crise rend la situation très frustrante. On ne peut plus rien prévoir à court et moyen terme. L'Australie ayant bloqué les liaisons aériennes vers l'étranger, il est fort probable que nous restions isolés sur notre île continent pendant encore un petit moment. Quand le pays aura éradiqué le virus, nous reprendrons tranquillement nos anciennes activités avec les Airbnbs et apprécierons de revoir nos amis. Reste maintenant à espérer que Louis n'aura pas 15 ans quand il découvrira enfin la France.

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Comments 2

  1. Merci Aurelie de cette magnifique description de la situation d’isolement en Australie. Les plages vides et les pub fermes…. quel beau resume. Mais d’un autre cote le temps si precieux que tu peux passer avec Louis sans te culpabiliser, quel cadeau unique. Bon evidemment le plaisir de le voir cajoler par vos amis et visiteur doit manquer a cette image idilique. C’est vrai que de ne pas pouvoir embrasser nos meilleurs amis ni meme serrer leur main et moins encore juste de les voir pour une grande bouffe…. quel monde etrange qui ne ressemble pas du tout au monde dans le quel nous avons tous grandi. On espere tous qu’il y aura une fin a cette situation mais comment? et quand?
    Bises affectueuses et merci pour les belles photo qui “parlent” et racontent leur histoire elles aussi.

  2. Merci Aurélie. On se rend un peu plus compte de comment ça se passe en Australie et on est contents que tout aille bien pour vous malgré tout. Ici, on alterne télétravail et travail en présentiel tous les deux, mais on se porte bien.
    Gros bisous

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